Notre-Dame de Paris première dame “de fer”

Les agrafes de fer de Notre-Dame

Il aura fallu la quasi-destruction de Notre-Dame de Paris et un chantier de restauration de grande envergure, toujours en cours, pour que la célèbre cathédrale commence à livrer ses secrets de construction, entamée en 1160 et terminée près d’un siècle plus tard. Une étude archéologique a révélé que Notre-Dame est un bâtiment construit avec des agrafes de fer, pointe publiée ce mercredi.

Notre-Dame est le bâtiment le plus haut construit à son époque, avec une voute culminant à 32 mètres. Les chercheurs ont découvert plus d’un millier d’agrafes de tailles variées, allant de 25 à 50 cm de long, pour un poids allant jusqu’à quelques kilos. Elles joignent les pierres de murs de la nef, de colonnes du chœur, de murs des tribunes ou des éléments de corniches.

Une innovation technique

L’étude souligne que c’est le premier usage massif d’agrafes de fer pour la construction d’une cathédrale. L’utilisation d’agrafes était connue depuis l’Antiquité, mais elles servaient alors à garder ajustés les grands blocs de pierre des étages inférieurs, avant de les charger d’étages supérieurs. Notre-Dame explore une conception plus dynamique de l’architecture, où des maçonneries peuvent bouger, et des forces s’exercer dans certaines directions.

Les premiers bâtisseurs de la cathédrale vont utiliser les agrafes dès le début pour l’édification des tribunes, au début des années 1160. Une innovation technique reprise par leurs successeurs quand ils s’attaqueront aux parties hautes des murs, dans une filiation technique s’étendant sur 50 à 60 années. L’usage d’agrafes à Notre-Dame sera répliqué ensuite dans la construction des cathédrales de Soissons, Chartres et Bourges.

Origine du fer

L’étude a également permis de déterminer par l’étude de ses impuretés que le fer des agrafes provenait d’au moins six endroits différents. Les scientifiques tentent d’en déterminer l’origine, afin de mieux connaître le marché de ce matériau à l’époque médiévale. D’autres suivent le même chemin pour déterminer les carrières d’origine des pierres. Tout comme ceux qui vont échantillonner les forêts à la recherche des mêmes éléments chimiques que ceux des bois de la charpente aujourd’hui carbonisée.